Trois frères qui ne se sont pas parlé depuis la mort de leur père décident de faire ensemble un grand voyage en train à travers l'Inde afin de renouer les liens d'autrefois. Pourtant, la 'quête spirituelle' de Francis, Peter et Jack va vite dérailler, et ils se retrouvent seuls, perdus au milieu du désert avec onze valises, une imprimante, une machine à plastifier et beaucoup de comptes à régler avec la vie...
Dans ce pays magique dont ils ignorent tout, c'est alors un autre voyage qui commence, riche en imprévus, une odyssée qu'aucun d'eux ne pouvait imaginer, une véritable aventure d'amitié et de fraternité.
The Darjeeling Limited s'avère être une sorte d'Orient-Express dans lequel embarquent les frères White avec comme but plus ou moins conscient de guérir leurs dysfonctionnements internes (au sein de la fratrie) et externes (dans leur rapport au monde). Dès les premières minutes, on reconnaît la griffe Wes Anderson définie par son esthétique arrêtée dans les seventies, que même un iPod ou un ordinateur portable ne peut briser, son sens de la mécanique burlesque foirant inéluctablement mais toujours rattrapée in extremis par la psyché branlante de ses protagonistes, et bien sûr par ce Droopy humain de Bill Murray - dont la courte apparition permettant l'entrée en piste d'Adrien Brody est un vrai régal.
Wes Anderson incarne le meilleur de l'esprit créatif américain, ce melting-pot capable de brasser le mal-être occidental, la détresse miséreuse orientale, la musique de Satyajit Ray, le tout avec une vision burlesque, enfantine et inquiète à la fois. The Darjeeling... confirme l'immense talent du jeune texan à dérouler des récits convoquant la Tristesse pour la changer, telle une pierre philosophale, en bonheur désinvolte digne de Tintin ou des Pieds Nickelés.